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Jean Calvin
Le réformateur du bout du lac
Dépassé, le calvinisme? Certainement pas, répondent à l’unisson le théologien Bernard Reymond, qui se demande dans son dernier ouvrage ce qui subsiste de ce «lourd héritage», et le président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) Thomas Wipf, pour qui il y a encore beaucoup à tirer des enseignements de Calvin.
Genève d’un même élan derrière Calvin
Calvin, de son vrai nom Jean Cauvin, né en Picardie en 1509, s’est d’abord consacré à des études juridiques et humanistes. Initié aux idées de Luther, il embrasse les principes de la Réforme dès 1533, mais doit fuir Paris suite à l’affaire des Placards et se réfugie à Bâle, où il publie en 1536 son Institution de la religion chrétienne. Quelques mois plus tard il est nommé professeur de théologie à Genève, où il joue un rôle à la fois religieux et politique en tant qu’organisateur de l’Eglise réformée. Mais son rigorisme excessif le met en porte-à-faux avec les autorités, et après deux ans Calvin doit partir pour Strasbourg. L’exil n’est que de courte durée: en 1541 il est rappelé à Genève et fait adopter par le conseil ses articles de foi et ses ordonnances sur la discipline ecclésiastique. Les nouvelles lois édictées par le gouvernement théocratique permettent alors de condamner jusqu’au bûcher les contempteurs du culte, les citoyens aux mœurs dissolues et tout propagateur d’idées jugées déviantes, sans considération de rang. La doctrine de Calvin se retrouve pleinement dans cette réformation plus radicale, ne laissant aucune place à la moindre idée divergente et plaçant les citoyens genevois sous une surveillance stricte et permanente de leurs actes, de leurs attitudes et de leurs paroles. L’exemple le plus frappant en est le sort du théologien et médecin d’origine espagnole Michel Servet, brûlé vif pour hérésie, du fait qu’il refusait notamment le dogme de la Trinité. Nonobstant, l’humanisme de Calvin s’est rapidement et durablement propagé loin à la ronde, contribuant à forger la réputation de Genève dans les cercles intellectuels de l’époque. Bientôt, érudits, artisans et familles de simples citoyens acquis aux idées de la Réforme trouvent une nouvelle patrie au bout du lac. Souffrant de graves problèmes de santé, Jean Calvin est mort en 1564.
Le timbre-poste peut être commandé dès à présent sur www.poste.ch/philashop. On pourra également l’obtenir dans les offices de poste et les bureaux philatéliques dès son premier jour de validité, le 5 mars prochain.